Toulouse et Byron Kelleher ont commencé leur histoire sans fausse note. S'il est évidemment encore trop tôt pour affirmer que le séduisant mariage tournera à l'idylle, le périple dacquois a démontré que le rose et le noir pouvaient cohabiter. Pour sa grande première sous les couleurs rouge et noire, l'international néo-zélandais a contribué avec sa forme du moment au petit mais précieux succès des hommes de Guy Novès face au promu. « J'étais très excité avant la rencontre, a confié l'homme aux 57 sélections sous le maillot de la fougère argentée. C'était mon premier match depuis trois semaines et je dois avouer que je suis fatigué ce soir. C'est très bien d'avoir gagné, même si le score n'est pas très large. »
Bien sûr, tout n'a pas été parfait dans le jeu du nouveau n°9 toulousain. Sans le moindre automatisme avec l'ouvreur de fortune Jean-Baptiste Elissalde, Kelleher s'est appliqué sur les fondamentaux, se montrant très dynamique sur les ballons au ras et entreprenant au fil des minutes. Surtout, l'ancien pensionnaire des Waikato Chiefs a bien tenu le coup physiquement, avec 80 minutes au compteur d'emblée. « Les six mois de préparation avec les Blacks vont encore me servir », justifie-t-il. Eliminé en quart de finale avec les Blacks par les Bleus de son nouveau comparse Elissalde, le Kiwi n'avait eu de cesse cette semaine d'afficher ses bonnes intentions : « Le rugby black et celui de Toulouse se ressemblent beaucoup. Un jeu flamboyant, à la main, où l'on prend des risques. »
Sur le titulaire au poste de n°9, Kelleher joue aussi la carte de la sobriété. « Il y a un travail commun à accomplir pour aider le club à aller le plus loin possible. Jean-Baptiste a très bien joué ce soir. Cela s'est bien passé entre nous, nous nous sommes bien compris et avons su faire le liant entre les avants et les arrières. » Impeccable au pied, Elissalde a assuré l'essentiel en 10 à un poste où il n'avait plus évolué depuis ses jeunes années rochelaises. En attendant les retours de Du Toit et Courrent, seuls ouvreurs de métier du club pour l'heure, Kelleher et Elissalde ne sont pas en concurrence. Un concept d'ailleurs réfuté dans la semaine par Guy Novès. « On ne met pas deux joueurs de ce niveau en concurrence, estime le coach toulousain. Je sais que je peux compter autant sur l'un que sur l'autre. Je n'aurai pas plus de soucis à gérer deux 9 ici que Galthié (Ndlr : l'entraîneur du Stade Français) trois 10 (Skrela, Hernandez et Beauxis). Il est vrai que ce ne sont que des problèmes de riches...