Le demi de mêlée néo-zélandais de Toulouse Byron Kelleher, si précieux depuis son arrivée, est bien décidé à rester en France jusqu'en 2011. Il a perdu la coupe d'Europe avec le Stade mais espère se consoler avec le Brennus.
Deux finales: pas mal pour une première saison en France ?
Mon but, c'était gagner la Coupe d'Europe et le Top 14. Il me reste une chance. Mais ça a été long. En Nouvelle-Zélande, les saisons sont plus courtes, espacées de 2-3 semaines entre Super-14, Tri-Nations, championnat NPC... Ici, chaque week-end on joue, on joue, on joue... C'est très dur mentalement. Et pour finir, en demi-finale, on vous met la température à 40 degrés ! (rires) Jamais je n'avais joué dans cette chaleur.
Votre intégration est citée en modèle...
On a vu pas mal de joueurs étrangers venir, jouer et repartir, chez eux ou en retraite. Ce n'est pas évident j'imagine, c'est un vrai changement de culture, un défi pour les joueurs du Sud de venir ici, d'aimer et d'être adopté. Mais je crois qu'il est important que les gens sentent qu'on est venu pour les bonnes raisons. Beaucoup s'imaginent que les All Blacks, les étrangers, viennent pour l'argent. Bien sûr, le taux de change fait une différence. Moi, je voulais venir pour découvrir une culture, une langue, et en France parce qu'on y joue vraiment au rugby.
Avez-vous trouvé ce que vous cherchiez ?
Absolument. Il y a de l'inspiration, du french flair, mais l'intensité aussi, dans les gros matches, a été incroyable, plus que je pensais. Par moments, c'est au top de l'intensité, comme avec les Blacks. Je comprends mieux comment on a pu être battus, en Coupe du Monde, en 2007, en 1999 aussi.
Que craignez-vous le plus chez Clermont ?
C'est une équipe très costaud, tout le monde le sait. Ils ont beaucoup de puissance, et c'est ainsi qu'ils essaient d'intimider l'adversaire. Mais si on arrive à les contrer sur la force, on peut prendre le dessus sur leur jeu, et mentalement, leur porter un grand coup.
La finale perdue face au Munster vous a-t-elle permis d'évoluer?
C'est clair. Depuis ce match on a discuté entre nous de certaines choses. On a été plus intelligents en demi-finale du Top 14. Et la patience aussi a été une leçon. En deuxième mi-temps, au lieu d'envoyer la balle partout à la toulousaine, on a accumulé la pression sur Paris et pris nos points quand ils se présentaient.
Article la depeche du 25/06/08