Kelleher : « J'aime Toulouse »

Kelleher : « J’aime Toulouse »
Le demi de mêlée all black a ébloui la finale remporté par Toulouse au détriment de Clermont (26-20), samedi au Stade de France. Exemplaire depuis son arrivée chez les rouge et noir, Byron Kelleher nous fait part de son émotion. En français...

Byron Kelleher, que ressentez-vous avec ce titre de champion de France gagné avec Toulouse ?
C'est énorme aujourd'hui, c'est incroyable, parce que Clermont est une équipe très forte qui a gagné beaucoup de matches en Top 14 cette année. Pour le mental de Toulouse, c'est très important d'avoir gagné. On a joué avec la tête et le corps.

Que représente pour vous ce Bouclier de Brennus ?
Tout le monde parlait avec moi de ce titre dans l'équipe. C'était très important pour les gars qui n'avaient pas rapporté le Bouclier depuis 2001. C'est énorme pour le club. Tout le monde est content, et on va rentrer à Toulouse dans Capitol Square (sic). Je veux la fiesta de demain, beaucoup de gens (rires) ! Ça va être incroyable, je veux voir les gens parce qu'ils m'ont adopté.

On vous a vu pleurer à la fin du match...
C'était très émouvant pour moi. Après la Coupe du monde, je n'étais pas bien. Alors, jouer ici dans le championnat du pays qui nous a battu, gagner le Bouclier... C'est fantastique.

Vous comptez rester à Toulouse ?
Je veux vivre à Toulouse encore. J'ai encore une année de contrat. Lundi ou mardi on va renégocier pour peut-être 3 ans. J'aime cette ville.

La rédaction - Mathieu Dalzovo - RMC.fr, le 29/06/2008

# Posted on Tuesday, 15 July 2008 at 5:24 PM

« Terminer ma carrière en France »

« Terminer ma carrière en France »
Jean-François PATURAUD - mardi 01 juillet 2008 - 10h26

Auteur d'une saison remarquable à l'image de son énorme prestation en finale, le demi de mêlée Byron Kelleher s'est parfaitement intégré à Toulouse. A tel point que le All Black veut prolonger jusqu'en 2011.

Byron Kelleher, vous remportez le Bouclier de Brennus pour votre première saison à Toulouse. Cela doit être une grosse satisfaction ?
Oui, je suis très heureux. La Coupe du monde avait été une très grosse déception pour moi. J'avais été blessé moralement. C'était une cicatrice. Je suis venu ici à Toulouse et j'ai été adopté par les gens et parfaitement intégré dans l'équipe. Je suis devenu un leader. C'est très émouvant.

Après la finale perdue en H Cup, vous prenez votre revanche...
On est allés en finale de la Coupe d'Europe et on a malheureusement perdu mais (en français dans le texte), nous avons gagné le Top 14. C'était le plus important. Je suis très heureux de faire partie de cette équipe et d'avoir été si bien accepté pour ma première saison. C'est bien car cela me permet de jouer mon meilleur rugby possible.

Quelle a été la principale différence entre ces deux finales ?
Nous avons beaucoup appris de cette défaite en Coupe d'Europe. Nous avions fait des erreurs contre le Munster (ndlr : défaite 16-13 à Cardiff), peut-être à cause de la pression. Depuis, nous avions bien travaillé pour ne pas connaître une nouvelle défaite et ainsi faire de gros matchs en cette fin de saison.

Après une saison aussi longue, avez-vous été étonné de votre état de forme ?
Oui, c'était une très longue saison, surtout avec la Coupe du monde. Je n'ai pas eu de repos depuis vingt mois et je vais maintenant partir en vacances. Je ne sais pas où je vais aller mais je vais profiter pendant cinq semaines de la plage et du soleil ! (Rires)

A titre individuel, comment jugez-vous votre magnifique prestation face à Clermont ?
C'était important car nous avions perdu plusieurs éléments qui sont normalement des joueurs clés de l'équipe (ndlr : Vincent Clerc, Clément Poitrenaud, Yannick Nyanga en particulier). J'ai essayé d'être le plus performant possible, notamment en défense. Il le fallait de toute façon car Clermont a des joueurs très puissants.

« Rien de comparable dans le monde »

Comment avez-vous vécu cette finale et l'ambiance du Stade de France ?
C'était fabuleux. Il n'y a rien de comparable dans le monde. Dans des compétitions nationales comme la Currie Cup (ndlr : en Afrique du Sud) et le NPC (le championnat néo-zélandais), vous n'avez pas la même atmosphère. Je suis vraiment heureux d'être ici. C'est encore mieux que ce que j'imaginais. Je pense que c'est un spectacle très excitant à regarder.

Souhaitez-vous continuer à Toulouse ?
Oui, je vais renégocier mon contrat. J'ai décidé que j'étais bien en France et que je voulais en profiter le plus longtemps possible. Comme ça, quand vous me poserez des questions l'année prochaine, je pourrais répondre en français (sourire). Je veux terminer ma carrière en France et rester à Toulouse.

Quand allez-vous en discuter avec vos dirigeants ?
Je vais les rencontrer mercredi. Il me reste encore un an et je veux jouer le plus longtemps possible. J'aimerais bien rester encore trois ans ici. Je m'y sens comme à la maison, loin de chez moi.

Vous avez donc définitivement abandonné l'idée de disputer la Coupe du monde 2011...
Oui car à moins que la Fédération néo-zélandaise ne change sa politique par rapport aux joueurs qui évoluent à l'étranger, je ne vois pas comment je pourrais rejouer en sélection. Je suis satisfait de ce que j'ai accompli avec les All Blacks. J'ai disputé trois Coupes du monde mais je n'en ai malheureusement pas gagnées. Mais c'est la vie ! (en français). Mais encore une fois, je me sens bien et je veux continuer à Toulouse.

# Posted on Wednesday, 16 July 2008 at 3:37 PM

Byron Kelleher prend ses aises dans la mêlée toulousaine

Un appartement dans un nouveau quartier de Toulouse. L'invitation à visiter est de celles qu'on ne peut pas refuser. On s'imaginait l'endroit un peu bordélique, un appartement de garçon sans présence féminine durable pour l'ordonner. Dans l'entrée, les coordonnées de Domino's Pizza et le planning d'entraînement du Stade Toulousain. Pour le reste, du moderne, presque froid. Des piles de DVD soigneusement construites, le Dahlia noir prêt à être regardé. Des meubles qui témoignent que dans l'esprit de l'occupant des lieux le design prime sur le confort. «J'ai repeint moi-même les murs en blanc», explique Byron Kelleher. Trop facile avec ces bras-là. Une chaîne stéréo dernier cri fait couler la voix chaude d'une fille électro. Sur la table basse, l'édition petit format du Français pour les nuls et des photos de la star en position de demi de mêlée, shooting pour Vogue Sport - «J'adore» -, en attendant les épreuves de Vanity Fair.

Morveux. «On ne sait pas d'où on vient, on ne sait pas où l'on va, le meilleur moyen pour favoriser le voyage est de s'entourer de choses familières», dit Byron Kelleher, ancien demi de mêlée des All Blacks, transfert le plus retentissant du Top 14 cette année et qui joue dimanche contre Cardiff, en quart de finale de la Coupe d'Europe . Il a visité une dizaine d'appartements à Toulouse. «J'ai toujours vécu entouré d'eau et je voulais avoir cet élément autour de moi, ici. Me réveiller face à l'eau, ça me donne de l'énergie.» Il a obtenu sa vue, une des plus belles de la ville, sur le Pont des Catalans, la Garonne et ses remous.

Byron Kelleher est né à Dunedin. Une ville côtière néo-zélandaise, célèbre pour ses pingouins aux yeux jaunes. Son père est un Irlandais de Cork, sa mère une «kiwi» pur jus. Byron, dans son berceau, avait déjà le mini-ballon de rugby et le maillot tout noir XXS. A 5 ans, les adultes lui demandent où il envisage de faire carrière, le morveux ose «All Black». Rire de l'assistance. Kelleher touche ses premiers ballons aux Otago Highlanders. Son style, au ras de la mêlée, peu de coup de pied, tout à la main, ou au poing, fait fureur. A 27 ans, il quitte Dunedin où il frisait l'enterrement de première classe : «Je n'étais pas excité, le matin en me réveillant, par la nouvelle journée, je n'étais pas heureux.» Direction Hamilton, à une centaine de bornes d'Auckland, et son équipe des Waïkato Chiefs, qui évolue dans le Super 14. En 1999, Kelleher devient All Black. Silence des rieurs. Il est l'un des rares à avoir participé à trois Coupes du monde. «Sans doute la meilleure chose dans ma vie. Mais c'est inachevé, car nous n'avons jamais gagné la coupe, alors que nous aurions dû, comme meilleure équipe de rugby au monde», rit-il. Il a disputé son dernier match en Black à Cardiff, le 6 octobre, lors de la défaite face à la France en quart de finale de Coupe du monde.

«J'avais fait un peu tout ce qu'il était possible de faire en rugby en Nouvelle-Zélande. A 30 ans, je voulais voir de quoi était faite la vie ailleurs.» Il signe à Agen, puis se rétracte. «Agen est redescendu en Pro D2 alors je n'avais plus du tout envie d'y aller. Je voulais jouer le Top 14 et la Coupe d'Europe.» Ce sera Toulouse, pour un salaire qui reste inconnu.

Concurrence. On l'a soupçonné, de venir «cachetonner» en France, de se payer une retraite dorée. «Je suis venu pour faire profiter de mon expérience du professionnalisme, et mon jeu a prouvé que j'avais ma place», tranche celui, qui, en novembre, à Monaco, remettait un World Music Awards à David Guetta, dînait avec Rihanna et papotait avec Céline Dion.

Quand on demandait, en octobre, à Guy Novès, manager du Stade Toulousain, si la concurrence entre Byron Kelleher et Jean-Baptiste Elissalde à la mêlée n'était pas trop rude, il répondait, agacé : «On a dû faire des vestiaires séparés pour qu'ils arrêtent de se jeter des choses à la figure.» Des rumeurs de départ d'Elissalde à Bayonne ont couru. Le Français, bien qu'assuré de conserver son poste, entame la saison à l'ouverture. Ce sera encore le cas dimanche. Dans l'esprit de Kelleher, il ne fait aucun doute que c'est comme cela que les choses doivent se passer.

Les débuts de Kelleher à Toulouse ont été difficiles : la défaite en Coupe du monde alliée au fait de vivre «dans un pays imaginaire». «J'ai été All Black presque dix ans, c'est difficile d'oublier dix ans d'amour.» Son intégration a vraiment débuté avec son premier gros match Toulouse - Stade Français, début novembre. Aujourd'hui, le «choc culturel» s'estompe. Il le prouve en dégainant sa carte de VelôToulouse, enfouie sous deux Gold.


par libération Envoyée spéciale à Toulouse STÉPHANIE PLATAT samedi 5 avril 2008

# Posted on Friday, 18 July 2008 at 4:12 PM

Kelleher a prolongé jusqu'en 2011

Acquise et désirée par les deux parties depuis l'issue de la saison dernière, la prolongation de contrat de Byron Kelleher au Stade Toulousain a été officialisée mercredi par les champions de France.

Le demi de mêlée néo-zélandais prolonge son bail avec les Rouge et noir jusqu'au terme de la saison 2011-2011. Kelleher aura alors 35 ans et devrait donc finir sa carrière dans la Ville Rose.

# Posted on Saturday, 16 August 2008 at 1:36 PM

Kelleher : «Les Français ont vraiment l'esprit rugby»

Kelleher : «Les Français ont vraiment l'esprit rugby»
Propos recueillis à Toulouse par Arnaud Coudry 29/08/2008 photo AFP Le Figaro

Le demi de mêlée néo-zélandais, modèle d'intégration réussie, aborde sa deuxième saison toulousaine avec un féroce appétit.

Torse nu, les yeux exorbités, Byron Kelleher exécute un haka d'anthologie, perché sur le bus des joueurs toulousains, en face d'une foule en délire. Ce 29 juin, après son énorme prestation en finale du championnat face à Clermont, le All Black aux 57 sélections laisse éclater sa joie sur la place du Capitole. Au terme de sa première saison à Toulouse, il vient de participer plus qu'activement à la quête d'un bouclier de Brennus que la ville attendait depuis 2001. Une Ville rose dont il est tombé sous le charme (et réciproquement) puisqu'il a décidé de prolonger jusqu'en 2011. Malgré un léger retard à l'allumage à Montpellier (11-16), l'armada rouge et noire, qui reçoit Dax cet après-midi, a toutes les cartes en main pour jouer, une nouvelle fois, les premiers rôles. Le robuste numéro 9 annonce son objectif : remporter la Coupe d'Europe qui, la saison passée, a filé entre les mains des Toulousains.

LE FIGARO. - Après une première année couronnée de succès, comment abordez-vous cette nouvelle saison à Toulouse ?
Byron KELLEHER. - Je me dois d'être encore au top cette saison. Soulever le bouclier était très important pour l'équipe et pour la ville de Toulouse. De mon côté, j'essaie toujours de m'améliorer. La saison dernière a été au-delà de mes espérances, mais le défi est de devenir encore meilleur. En tant que sportif mais, aussi, en tant que personne. J'ai toujours fonctionné de la sorte. Je vais donc essayer de commencer par améliorer mon français... (Rires) Je me sens vraiment bien en France. C'est la raison pour laquelle j'ai décidé de prolonger ma carrière ici, pour les trois années qui viennent.

Qu'est-ce qui vous plaît particulièrement ?
Toulouse n'est pas une ville trop importante. Les gens sont très humbles. Quand je les croise dans la rue, que l'on ait gagné ou perdu, c'est toujours : «Bien joué, félicitations, c'est bien que tu sois là.» J'ai tout de suite eu un bon feeling avec les Toulousains. C'est primordial d'être en phase avec les supporters. Ce sont aussi eux qui paient mon salaire ! (Rires)

La pression est-elle différente par rapport à la Nouvelle-Zélande ?
Oui. Même si chacun est responsable de la pression qu'il s'impose. De mon côté, je sais que plus je m'entraîne, plus je travaille ma technique, et moins j'ai de pression. Parce que dans ma tête, je sais que j'ai fait le «boulot». Et que les résultats suivront. C'est la préparation la semaine avant un match qui fait que l'on joue bien le dimanche. J'ai besoin d'avoir un bon équilibre : ce que je fais sur le terrain découle de ma vie en dehors des terrains. C'est comme cela que j'évacue la pression.

L'an passé, Jean-Baptiste Elissalde jouait à l'ouverture. Cette saison, avec le recrutement de Frédéric Michalak et de David Skrela, vous vous retrouvez en concurrence avec lui...
C'est bien pour l'équipe d'avoir un banc important. Dans l'hémisphère Nord, les saisons sont très longues. L'année dernière, nous n'avons pas été épargnés par les blessures. Le rugby est devenu de plus en plus exigeant physiquement, les organismes sont mis à rude épreuve. La grande force du Stade Toulousain est la richesse de son effectif : un international peut en suppléer un autre. Et puis, c'est toujours bien d'être dans une situation de concurrence. C'est bon pour le mental et cela oblige à rester honnête avec soi-même.

Vous allez retrouver Jerry Collins, votre ancien coéquipier chez les All Blacks, qui a signé à Toulon.
Je l'ai eu récemment au téléphone, je lui ai dit : «Bienvenue dans la vie française !» (en français). Par contre, sur le terrain, je lui ai promis que je l'enverrai sur le c... En tout cas, c'est sympa qu'il soit en France. Toulon peut créer quelques surprises, surtout à domicile devant son incroyable public. L'ambiance dans les stades français est impressionnante. Je n'ai jamais vu cela ailleurs. Les Français ont vraiment «l'esprit rugby».

En signant jusqu'en 2011 à Toulouse, avez-vous tiré un trait sur la prochaine Coupe du monde chez vous, en Nouvelle-Zélande ?
Comme l'interdiction de sélectionner des joueurs évoluant à l'étranger n'a pas été supprimée, il n'est pas possible de la disputer. J'ai donc décidé de poursuivre ma carrière ici. Avec les All Blacks, j'ai réalisé ce que je voulais, à part évidemment remporter la Coupe du monde, même si j'ai participé à trois d'entre elles. Mais on ne peut pas tout avoir, dans la vie. J'ai gagné d'autres titres... Je suis venu en France. Nous avons gagné le bouclier. Mon nouveau rêve est la Coupe d'Europe. J'espère qu'on parviendra à la remporter dans les deux ou trois ans à venir.

# Posted on Saturday, 13 September 2008 at 2:37 PM